Épisodes

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Liste des épisodes :

Poésie, jeux d'enfant et militantismes chinois Langue à Langue

Coraline Jortay est traductrice du chinois et chercheuse au CNRS, spécialiste des croisements entre littérature, traduction et militantismes en Chine et dans l’espace sinophone, au début du 20e siècle.

Au micro de Langue à Langue, elle évoque les réformes linguistiques en Chine, la place de la traduction dans le projet national chinois, l’évolution des représentations de genre dans la langue chinoise ou encore les dangers de l’exotisation des langues. Elle commente également sa traduction du poème « Dis, ça se dit ? » (Jentayu, 2022), de Xi Xi, grande dame de la littérature hongkongaise contemporaine – poème que vous pourrez entendre lu en trois versions : mandarin, cantonais et français !

Un épisode érudit et passionnant, pour casser les clichés sur les langues et les cultures.

Transmission, canne blanche et roman noir américain Langue à Langue

Traducteur de l’anglais, Frédéric Grellier est devenu aveugle vers l’âge de 30 ans. Il a traduit près de cinquante romans, principalement des polars anglo-saxons, sans la vue.

Dans cet épisode spécial de Langue à Langue, il revient sur son handicap : la perte progressive de la vue, l’apprentissage tardif du braille, les évolutions technologiques qui lui ont permis d’exercer son métier, et le rapport singulier qu’il entretient au monde, aux livres et à la traduction.

Un entretien père-fille très touchant, qui célèbre l’amour des mots et des langues, et la transmission familiale. Avec, en point d’orgue, un extrait du Chant des corbeaux d’Erin Hart, traduit par Frédéric Grellier et paru chez Payot en 2003.

Escalade, prix Nobel et mythes polonais Langue à Langue

Traductologue et traductrice du polonais, Maryla Laurent a consacré près de 50 ans à transmettre la littérature polonaise au lectorat francophone et à défricher les règles de la traduction littéraire. Aujourd’hui retraitée, elle continue à traduire par passion, notamment l’œuvre de la prix Nobel Olga Tokarczuk.

Dans cet épisode, elle revient sur son histoire familiale, aux origines de sa sensibilité linguistique, et évoque les spécificités de la langue polonaise : sa conception de la temporalité, son rapport au récit et les imaginaires qui l’infusent. Elle met également en comparaison des extraits en VO et en VF du Banquet des Empouses d’Olga Tokarczuk (Noir sur Blanc, 2024). Un jeu de miroir fascinant, pour plonger dans les sonorités du polonais, l’écriture subtile d’Olga Tokarczuk, et l’art exigeant de la traduction littéraire.

Entre pratique et théorie, une approche sensorielle et intellectuelle de la traduction, stimulante et toute en nuances.

Ladino, violon et langue mexicaine Langue à Langue

Installée au Mexique depuis plusieurs années, Julia Chardavoine est traductrice littéraire du russe, de l’espagnol, et du judéo-espagnol.

Dans cet épisode, elle revient sur la remarquable plasticité de l’espagnol mexicain, les discriminations linguistiques toujours présentes au Mexique, et les étonnantes correspondances entre le russe et certaines langues autochtones mexicaines. Elle met également en comparaison des extraits en VO et en VF de Gabacho d’Aura Xilonen, roman pour lequel elle a reçu le Grand Prix de Traduction de la Ville d’Arles 2017. Ce jeu de miroir permet d’illustrer les subtilités du passage d’une langue à l’autre.

Une conversation vivante et généreuse, à l’image de Julia, dont le parcours singulier semble avoir été guidé par les langues, la musique… et l’amour.

Marabout, réalisme magique et littérature soudanaise Langue à Langue

Xavier Luffin est chercheur à l’Université Libre de Bruxelles, où il enseigne la langue et la littérature arabes. Depuis 20 ans, il traduit des œuvres classiques et contemporaines du monde arabe, et notamment du Soudan.

Dans cet épisode, il évoque le réalisme magique, son tropisme pour les auteurs soudanais, et la diversité des dialectes arabes, de plus en plus représentée dans la littérature contemporaine. Il met également en comparaison des extraits en VO et en VF des Jango d’Abdelaziz Baraka Sakin, roman pour lequel il a reçu le Grand Prix de Traduction de la Ville d’Arles 2020. Ce jeu de miroir permet d’illustrer les choix inhérents au passage d’une langue à l’autre, leur complexité mais aussi leur infinie richesse.

Un voyage passionnant à la confluence des cultures arabes et africaines.

Papillon, néologismes et chef-d'œuvre brésilien Langue à Langue

Né à São Paulo, Mathieu Dosse est docteur en littérature comparée et traducteur du portugais. Spécialiste du grand écrivain brésilien João Guimarães Rosa, il a reçu plusieurs distinctions pour sa traduction du recueil de nouvelles Mon oncle le jaguar & autres histoires, publié en 2016 aux éditions Chandeigne. Il traduit également des auteurs brésiliens contemporains, comme Luiz Ruffato, Augusto Boal ou Geovanni Martins.

Dans cet épisode, il évoque l’argot des favelas de Rio, la plasticité de la langue brésilienne et son rapport passionné aux livres et à la lecture. Il met également en comparaison des extraits en VO et en VF de la nouvelle « Mon oncle le jaguar ». Ce jeu de miroir permet d’illustrer les spécificités de l’écriture de Guimarães Rosa, ainsi que les défis qu’elle pose aux traducteurs.

Un voyage sonore au cœur du Brésil, des collines de Rio aux forêts luxuriantes du sertão.

Spliff, accent du sud et dialectes croates Langue à Langue

Aujourd’hui installée à Zagreb, Chloé Billon est à la fois traductrice littéraire et interprète de conférences en langue bosnienne, croate, monténégrine et serbe. En dix ans, elle a traduit de nombreux auteurs contemporains et reçu plusieurs prix de traduction, dont celui de l’INALCO/Vo-Vf pour Les Turbines du Titanic de Robert Perišić (2020) et celui de la ville d’Arles pour La Renarde de Dubravka Ugrešić (2023).

Dans cet épisode, elle évoque son parcours, les langues minorées, l’exercice difficile de traduction des dialectes et l’imbrication de la langue et du politique, une question particulièrement sensible en ex-Yougoslavie. Elle met également en comparaison des extraits en VO et en VF de Ton fils Huckleberry Finn, de Bekim Sejranović, qu’elle a traduit pour les éditions Intervalles en 2021. Ce jeu de miroir permet de concrétiser la complexité du passage d’une langue à l’autre, ainsi que toutes ses merveilles.

Un échange marqué par la dualité de toute traduction, entre art de la perte et immense terrain de jeu.

Miel, tricheries et poésie grecque Langue à Langue

Petit-fils d’immigrés russes, professeur d’anglais, puis traducteur du grec, Michel Volkovitch a baigné dans les langues toute sa vie. Aujourd’hui retraité, il se consacre au Miel des Anges, la maison d’édition qu’il a fondée en 2013, pour laquelle il traduit de nombreux auteurs grecs contemporains – poésie, théâtre et nouvelles principalement.

Avec malice et un art certain de la punchline, il raconte sa rencontre avec la langue grecque, à l’âge de 30 ans : un coup de foudre, qui lui a permis de se lancer à la fois en traduction et en écriture. Il interroge la porosité entre langue et culture, évoque sa perception de la musicalité des langues, et toutes ces petites « tricheries » qui font le sel de la traduction.

Passionné de poésie, Michel Volkovitch détaille aussi sa traduction de « La Cycliste », poème d’Odyssèas Elytis (prix Nobel 1979), issu du recueil L’R d’Eros (Miel des Anges, 2018). Il ouvre ainsi une fenêtre sur la sensibilité poétique grecque, et sur l’art délicat de la traduction en vers rimés.

Autostop, nationalisme et roman bulgare Langue à Langue

Traductrice du bulgare depuis 40 ans, Marie Vrinat-Nikolov a consacré sa vie à la diffusion de la littérature bulgare en France. Elle a traduit une cinquantaine de livres de plus de vingt auteurs différents (Y. Raditchkov, I. Vazov, G. Gospodínov, T. Dimova, etc.). Sa riche carrière, de traductrice mais également de chercheuse et d’enseignante, lui a valu de multiples distinctions, en France et en Bulgarie.

Avec générosité, elle nous ouvre les portes de son atelier : elle raconte sa rencontre (pour le moins romanesque) avec la langue bulgare, son parcours de traductrice, son combat pour extraire la littérature bulgare des clichés. Elle met également en comparaison des extraits en VO et en VF de Physique de la mélancolie, de Guéorgui Gospodinov (auteur couronné de l’International Booker Prize en 2023 pour son roman Time Shelter). Ce jeu de miroir permet de concrétiser la complexité du passage d’une langue à l’autre, ainsi que toutes ses merveilles.

Entre approche réflexive et pratique sensible de la traduction : une conversation toute en équilibres.

Anarchisme, danse inclusive et littérature espagnole Langue à Langue

Margot Nguyen Béraud est traductrice de l’espagnol depuis 2014. Elle a traduit de nombreux auteurs contemporains, aussi bien espagnols (Kiko Amat, Cristina Morales, Ivan Repila) qu’argentins (J. P. Zooey, Roberto Arlt, Agustina Bazterrica), mexicains (Laïa Jufresa, Antonio Ortuno) ou encore vénézuéliens (Maria Eugenia Mayobre). Depuis 2020, elle préside l’association ATLAS pour la promotion de la traduction littéraire.

Avec humour et passion, elle raconte son rapport à la langue espagnole et au métier de traductrice, les choix qu’il implique et la difficulté d’en vivre aujourd’hui. Elle met également en comparaison des extraits en VO et en VF de Lecture facile, roman de l’autrice espagnole Cristina Morales (couronné en Espagne du Premio Herralde de Novela en 2018), qu’elle a traduit pour les éditions Denoël en 2021. Ce jeu de miroir concrétise ainsi la complexité du passage d’une langue à l’autre, ainsi que toutes ses merveilles.

Concrétiser la traduction et redonner au corps – comme outil, contrainte et ancrage – la place centrale qu’il tient dans cet art : un enjeu majeur pour Margot Nguyen Béraud, au cœur de cette conversation.